Pourquoi on en fait plus pour les migrants que pour les français ?

C’est faux, les aides aux migrants sont inférieures aux aides que perçoivent les français. Les demandeurs d’asile perçoivent une allocation qui est en moyenne 2 fois inférieure au montant du RSA. Cette allocation s’appelle l’ADA (Allocation pour Demandeur d’Asile), et son montant est, pour une personne seule, de 204€/mois. Le montant du RSA dans la même situation est de 524€/mois. Pour un couple avec 2 enfants, l’ADA est de 612€/mois, et le RSA est de 1100€/mois. Ils ont en théorie droit à un logement, mais seulement 40% des demandeurs d’asile en bénéficient.


Ne croyez pas les sites d’extrême-droite, qui font circuler de fausses infos, par exemple sur une carte bancaire qui serait donnée aux migrants, et permettant de retirer 40 euros par jour. Cette carte existe, mais pour que le montant de l’allocation corresponde à l’équivalent de 40 euros/jour (1200€/mois), il faut que ce soit une famille avec 8 enfants ! Dans ce même cas de figure, une famille au RSA toucherait 2247€/mois (source).


Les bénéficiaires de l’ADA ne peuvent obtenir aucune autre aide, CAF ou RSA. Les personnes qui aident les migrants sont généralement les mêmes que dans les associations de solidarité généralistes. Mettre en balance la situation des SDF et des migrants n’a aucune pertinence, les situations ne sont pas les mêmes. Et dans les statistiques nationales concernant les SDF, il n’est pas tenu compte de la nationalité de ceux-ci.


Les personnes qui aident les migrants sont AUSSI pour qu’on aide plus les personnes défavorisées de nationalité française. Et plutôt que de dépenser de l’énergie à manifester CONTRE l’accueil des migrants, il serait plus constructif de manifester POUR qu’il y ait plus d’aides aux personnes défavorisées. Sur les sites d’extrême-droite, on ne voit pas d’appels aux dons pour la banque alimentaire, la Croix-Rouge, ou le 115 du particulier. On a même vu dernièrement un maire Front National pénaliser le Secours Populaire de sa ville, sous prétexte qu’ils venaient en aide AUSSI aux exilés. Le FN préfère donc pénaliser les exilés ET AUSSI des français dans le besoin, à des fins idéologiques.

On nous parle des Syriens, mais il n’y a que des Africains migrants économiques dans les CAO !

Il y a souvent une confusion entre les différents dispositifs d’accueil des réfugiés. Les Syriens qui sont accueillis ne passent pas ou très rarement par Calais, mais par des dispositifs autres, via le UNHCR par exemple. A Calais, et donc ensuite en CAO, les personnes viennent principalement du Soudan, Afghanistan, Erythrée, Irak… donc pas seulement de pays d’Afrique.


Le Soudan est le cadre d’une guerre civile qui dure depuis plusieurs années, et aurait fait des dizaines de milliers de morts, et forcé près de 3 millions d’habitants à fuir leur foyer. Au Darfour, région du sud-ouest du Soudan, des attaques chimiques auraient été constatées, au moins 171 villages auraient été détruits. (Sources : Le Figaro – Comprendre la crise du Soudan du sud – Le Figaro – Attaques chimiques au Darfour)


En Afghanistan, il y a eu environ 15 000 personnes tuées en 2015, et sur les 6 premiers mois de 2016 les Nations Unies évoque un bilan de 1600 morts parmi la population civile. (Sources : Amnesty international – Situation en Afghanistan – Wikipédia – guerre d’Afghanistan depuis 2015)


En Erythrée les jeunes fuient pour échapper à un régime totalitaire qui les prive de toute perspective d’avenir. Les dirigeants érythréens sont accusés de crimes contre l’humanité par une commission d’enquête. (Sources : RFI – Crimes contre l’humanité en Erythrée – La Croix – L’Erythrée est en état de guerre permanent)


L’Irak est le cadre de conflits avec l’Etat Islamique, comme en Syrie. Ce sont principalement les Kurdes Irakiens qui fuient ce pays, dans les villes qui sont prises par Daesh et qui ne peuvent trouver asile en Turquie, où ils sont le plus souvent rejetés.


Les « migrants dits économiques » n’obtiendrons pas l’asile. Seuls 24% des demandes d’asile obtiennent une réponse positive, après une procédure très longue et compliquée, pendant laquelle ils auront prouvé que leur vie était en danger s’ils retournaient dans leur pays. Une partie de ceux qui ne l’obtiendront pas resteront en France et deviendront des sans-papiers, en effet. Leur vie n’y sera pas confortable, et s’ils s’en contentent, c’est que leur vie s’ils retournent dans leur pays sera encore pire.


La seule question légitime qu’il faut se poser est : est-ce que nous aurions fait la même chose à leur place ? Si le pays où vous vivez ne vous permettait pas d’offrir une vie décente à vos enfants, et qu’un autre pays vous permettrait d’avoir pour vous et vos enfants un avenir un peu meilleur, vous ne partiriez pas ? Vous ne vous sentiriez pas défaillant dans votre rôle de père si vous ne le faisiez pas ? Si vous admettez qu’à leur place vous feriez le même choix, sommes-nous légitimes pour les juger ?


Par ailleurs, les statistiques indiquent qu’il y a entre 2 et 2,5 millions de français expatriés à l’étranger, dont 8% au Proche et Moyen-Orient, et 15% en Afrique (sources).

Les français ne migrent pas pour fuir la guerre, mais par choix ou pour obtenir des conditions de travail meilleures qu’ici. Ce sont, au sens strict du terme, des migrants économiques. Donc cela revient à dire que nous acceptons la migration économique quand elle nous concerne, même quand elle n’est pas vitale, vers des pays dont nous refusons les migrants économiques.

Il n’y a que des hommes seuls, qui ont abandonné leur famille !

Il y a en effet beaucoup d’hommes seuls, mais c’est logique. Le voyage coûte cher, et seuls les personnes les plus aisées peuvent se permettre de payer le voyage pour toute la famille. La plupart des hommes seuls font ce que nous aurions fait à leur place : ils vendent leur maison pour payer le voyage, confient leur famille à leurs parents, et prennent seuls le risque du voyage, en espérant pouvoir ensuite faire venir leur famille dans des conditions plus sécuritaires.

Pourquoi ils ne restent pas dans leur pays pour se battre ? Nous en 40 on est entrés en résistance !

Que ce soit pendant la première ou la deuxième guerre mondiale, les exodes ont été nombreux, entre la France et la Belgique, ou d’une région à l’autre. Les historiens estiment qu’il y a eu entre huit à dix millions de civils Belges, Hollandais, Luxembourgeois et Français qui ont fuit l’invasion allemande (source). Par ailleurs, les historiens estiment que moins de 1% des français sont entrés en résistance. Ce qui est nettement inférieur au pourcentage de résistants dans la population kurde par exemple. Nous n’avons donc aucune leçon à donner sur le sujet.

Pour aller plus loin : Eric Alary, historien : Opposer les réfugiés Syriens aux Français de 1940 est totalement inepte

La France n’a pas les moyens d’accueillir toute la misère du monde !

D’une part, elle est très loin d’accueillir toute la misère du monde, elle est même largement moins accueillante que d’autres pays européens. Ensuite, le coût de l’immigration est un sujet très complexe, il est possible de trouver des études qui dites toutes aussi sérieuses, et qui donnent des chiffres contradictoires. Certaines vont jusqu’à annoncer un coût de 70 milliards d’euros à l’échelle européenne, et d’autres vont jusqu’à dire que le solde serait positif de 1 milliard pour la France. Difficile donc d’en avoir une idée précise. Dans tous les cas, est-il souhaitable que notre pays se base sur des arguments économiques pour décider s’il doit ou non accepter de sauver des vies humaines en leur accordant sa protection ? D’autre part, les chiffres officiels de l’évasion fiscale vont jusqu’à des estimations de perte de 50 à 80 milliards d’euros pour la France (source). Il semble donc qu’il soit plus question d’un choix de société que d’une réelle incapacité.

Pour aller plus loin : Rachel Nef – A ceux qui me répètent qu’on ne peut pas accueillir “toute la misère du monde”.

On ne sera plus en sécurité ici, la délinquance va augmenter !

Pour ce qui est de la présumée délinquance des étrangers, les sites d’extrême-droite n’hésitent pas à mettre en avant tous les faits divers où les patronymes des auteurs sont à consonances étrangères, en les assimilant automatiquement à des migrants… tout en ne parlent pas des mêmes faits divers, quand ceux-ci sont commis par des personnes au patronyme européen.Depuis octobre 2015, il y a eu environ 160 CAO en France. Si la délinquance avait augmenté dans les 160 villes qui ont accueilli des CAO, ça se saurait.

Vous, les bénévoles, à force d’aider les migrants, vous favorisez l’appel d’air !

La simple utilisation de l’expression « appel d’air » est détestable. Il n’est pas question d’air, ni de poussière, ni d’une quelconque matière, mais d’être humains, d’hommes, femmes et enfants. Être contre l’accueil des migrants n’excuse pas l’utilisation de termes inappropriés. Quant à l’action des bénévoles, elle ne fait que palier aux carences du gouvernement, et n’a hélas aucun impact sur la politique d’asile en France.

Ils ont une culture trop différente de la nôtre, ils ne peuvent pas s’intégrer !

Les supposées difficultés d’intégration ne sont pas le fait des différences de culture, mais du communautarisme. Œuvrer aux échanges interculturels empêche le communautarisme et favorise l’intégration.


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