13 avril 2017

L’Auberge des Migrants a réussi à obtenir la destination des bus en CAO pour les réfugiés de Grande Synthe.

Pour la Bourgogne Franche Comté : Decize.
Pour la Nouvelle Aquitaine : Mérignac et Lagord.
Pour l’Occitanie : Toulouse.
Pour l’Auvergne Rhône Alpes : Saint-Beauzire.
Pour l’Occitanie : Toulouse.
Pour le Nord : Doullens, Amiens, Maubeuge, Lens
Pour la Bretagne : Vannes, Saint-Avé, Hennebont, Lanester.
Pour le Grand Est : Charleville Mézières, Châlons en Champagne, les Islettes, Saint Dizier, Troyes.

Si des bénévoles citoyens peuvent les accueillir, cela les rassurera, après la destruction du camp.
Merci à vous.


La plateforme s’appuie sur plusieurs supports :

  • 12 groupes Facebook (un par région),
  • 1 page FB Info CAO (pour les bénévoles),
  • 1 page FB Info CAO Refugees (pour les réfugiés)
  • 1 site internet www.infocao.net
  • 1 forum privé

Cette plateforme a été mise en place par l’Auberge des Migrants et Utopia 56, deux associations qui intervenaient sur la jungle de Calais.

Notre objectif est de mettre en lien réfugiés en CAO, volontaires, associations et gestionnaires de centre.

Le réseau Info CAO a recensé 259 CAO, 59 CAOMIE, et 5 CAOFIE, où plus de 155 initiatives locales sont en cours. La plateforme réunit aujourd’hui plus de 5000 personnes, organisées en collectifs citoyens ou en associations. Ces initiatives, réalisées par des citoyens locaux, permettent à la fois d’améliorer l’accueil des exilés en France et de favoriser le vivre-ensemble. Sur tout le territoire, des bénévoles organisent des cours de français, des collectes de dons, des échanges culturels et fraternels.

Par ailleurs, ce réseau organise une vigilance citoyenne. Les bénévoles et les exilés peuvent alerter le réseau sur les carences de certains centres et s’assurer que les droits des personnes accueillies sont respectés. Les membres de cette plateforme sont répartis dans toutes les régions. Ils viennent de milieux politiques et sociaux différents, mais sont tous engagés auprès des exilés. Plusieurs sont venus aider dans les camps de Calais ou Grande-Synthe, tandis que certains n’avaient jamais rencontré de migrants. Mais tous sont motivés pour venir en aide aux exilés en CAO, à leur échelle. Notre réseau essaie de les réunir dans cette cause commune, tout en leur garantissant leur indépendance. Nous tenons à remercier tous ces volontaires pour leur engagement bénévole et militant, ainsi que les gestionnaires qui font de leur mieux pour réaliser les missions qui leur ont été confiées. Cependant, l’accueil en CAO reste souvent lacunaire. De nombreux problèmes nous ont été signalés à la fois par des bénévoles sur place, les exilés eux-mêmes, ou bien par les gestionnaires.

L’auberge des migrants, Utopia56 et la plateforme infoCAO dénoncent les problèmes et les carences suivantes :

Concernant l’accueil dans les centres :

  • Le manque d’exigences dans la charte des gestionnaires de CAO et le manque de moyens associés. La charte des CAO reste vague et donne peu d’obligations en termes d’accueil. Les efforts réalisés pour l’intégration des personnes hébergées restent insuffisants. Les activités subsidiaires sont laissées à la bonne volonté des gestionnaires et des bénévoles qui souhaitent s’y associer.
  • L’absence de traducteurs pour venir en aide aux travailleurs sociaux.
  • Le manque d’accès aux soins et l’absence de transport jusqu’aux PASS dans certain centres.

Concernant les mineurs :

  • Le délai pour l’évaluation de la minorité.
  • L’opacité des procédures du Home Office pour le regroupement familial.
  • La non-scolarisation des mineurs isolés étrangers, ce qui va à l’encontre des lois Jules Ferry, fondamentales dans l’histoire de la république française. Cela a été déjà dénoncé dans le rapport annuel 2016 consacré aux droits de l’Enfant : « Le Défenseur des droits rappelle aux conseils départementaux leur obligation d’assurer un accès effectif à une scolarité ou à une formation professionnelle, à tous les mineurs non accompagnés dont ils ont la charge, y compris lorsqu’ils sont âgés de plus de 16 ans. »

Concernant les procédures d’asile et les procédures juridiques :

  • Le retard général des procédures et le manque d’information quant à celles-ci. Les procédures auprès du Home Office notamment ne sont pas suffisamment transparentes, et leur continuité avec les procédures françaises fait l’objet de nombreuses interrogations.
  • La difficulté pour les exilés vivant à la rue d’être inscrits en CAO. Aujourd’hui, le système d’hébergement des demandeurs d’asile est opaque, et le camp de la Chapelle à Paris est le seul lieu connu permettant aux exilés de rejoindre un CAO.
  • Le manque d’encadrement des demandes d’asile : dans de nombreux centres les exilés ne bénéficient ni d’un avocat ni d’un traducteur pour préparer leurs entretiens.
  • La non-prise en charge dans la plupart des CAO des transports des demandeurs d’asile jusqu’au siège de l’OFPRA pour les entretiens.
  • Les préfectures qui ne respectent pas la promesse de Bernard Cazeneuve sur le non-renvoi de demandeurs d’asile dans le premier pays européen où ils ont donné leurs empreintes. Par ailleurs, les inégalités de traitement entre les personnes issues du camp de la Lande et les autres concernant les accords de Dublin sont inacceptables et injustifiables.
  • Les pratiques de certaines préfectures qui consistent à pousser les exilés à fuir leurs centres.

 

Nos recommandations :

  • L’allocation d’un budget adéquat aux gestionnaires permettant un accueil digne des exilés et un cadrage plus strict des règles de financement.
  • Une meilleure protection des mineurs en les sortant du système dérogatoire des CAOMIE pour les faire rentrer dans le système français de protection de l’enfance.
  • Une information pour tous les intervenants sur les dispositifs d’accès au soin.
  • Une reconnaissance de la part des préfectures des actions menées par les bénévoles.
  • La mise en place d’un réel accompagnement juridique des personnes hébergées. Les procédures doivent être rendues transparentes et efficaces. Les personnes hébergées devraient avoir accès à un avocat dans le cadre de leur procédure d’asile, et à un traducteur dans toutes les situations, y compris pour la vie quotidienne. Nous lançons un appel pour que le gouvernement prenne ses responsabilités et lance une politique d’accueil digne, humaniste, et citoyenne, dans le strict respect des droits de l’Homme.

 

Encore une fois, nous tenons à remercier fraternellement les nombreux citoyens mobilisés actuellement. Vous nous avez montré qu’une autre voie est possible pour améliorer l’accueil des personnes en exil. Vous nous avez montré que la France solidaire et humaniste est toujours présente et prête à agir pour ses valeurs.

« Nous avons beaucoup apprécié ce que vous avez pour nous. Nous ne vous oublierons jamais. S’il vous plaît, ne nous oubliez pas. »
Message écrit sur un tableau, au camp de la Lande, la veille des premiers départs en CAO.

tableau


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